Home New Releases Backlist News Contacts
Publishers

Publication in France:
25 August 2016

224 pages

 
Unfairy Tales

Oscar LALO

Add to my list

Print
Starting at the age of just 18 months, a child is regularly sent to summer camp. His parents have no idea of what he endures there or of the hell to which they are abandoning him. For years the same traumatic scenario repeats itself.

This is the story of that child and of the adult that he can never become unless he is able to revisit and to dissect his past long after the events in question, as if opening an old wound. It is a deeply intimate and unconscionable experience.

I have no foundations, they have constructed me above an abyss. I am the tenant of a fathomless and nameless void which prevents me from establishing myself on firm ground. I can adopt any identity as my fancy takes me, but I am ignorant of my own identity. I do not know it, nor do I desire it.

The page remains blank, because everything that is written on it evaporates. That is why the narrator of this story has taken up his pen. Oscar Lalo never speaks of that which cannot be shown, but this is not a book of shame and negation; rather, he conjures up - in words which are his own and yet at the same time universal - the sublime language of silence.
Biography
Oscar Lalo spends his time writing: pleas in court, courses in law, songs and screenplays. Les Contes défaits is his first novel.
More information in french

"Dans une langue aussi précise qu'inventive Oscar Lalo compose toute une palette d'humiliations et d'incertitudes malpropres"Eric Loret, Le Monde des Livres 29/09/2016

"C'est un livre coup dè poing. Qui claque et gifle le lecteur. Sur le papier, tout aurait dû être parfait dans ce « home d'enfants ». C'est du moins l'idée que s'en faisaient, on l'imagine, ces parents
aisés en livrant, il y a une trentaine d'années, sur le quai de la gare, leurs petits à ce couple si sympathique : lui, guitariste et avenant, elle, aux petits soins pour ses jeunes pensionnaires. Le prix du séjour dans la colonie était élevé, gage de qualité. Pour le narrateur, ce fut un enfer, un
cauchemar répété de vacances scolaires en vacances scolaires. « Les Thénardier ne ressemblent jamais aux Thénardier », écrit Oscar Lale dans l'un des courts chapitres de son roman, vraisemblablement autobiographique, qui égrènent les épreuves endurées dans cette enclave hors la loi. Elle était un iceberg, incapable du moindre geste affectueux, lui aimait (trop) les petits garçons. « La directrice nous frappait et l'homme nous caressait. Estomaqués, nous acceptions les deux sans broncher. » Homme d'enfants dès la nuit tombée, il inspirait la peur. Mais le pire n'était-il pas de se taire? Pourquoi cette soumission? Le silence dont on se sent coupable à vie et qui empêche toute relation apaisée. Et puis, il y a cette pièce du puzzle perdue
par le narrateur, cette sensation de souillure peu avant ses 2 ans... De quoi devenir instantanément adulte ou demeurer indéfiniment enfant. Et, pour le lecteur, rester sans voix."Marianne Payot, L'Express 14/12/2016

"C'est un roman âpre, dur, féroce, impitoyable qu'Oscar Lalo a écrit avec Les contes défaits, un
joli titre qui montre bien que les fées ne seront pas de la partie. « C'est un livre délicat et fragile, rétorque l'auteur. Un livre nécessaire. » C'est son premier roman. Mais l'écriture, c'est son métier : scénarios, chansons, plaidoiries, cours de droit. Une fiction pure : « Tout y est inventé mais on ne parle que de soi. » Le narrateur a 65 ans. Il a réussi sa vie, son mariage, ses enfants, son divorce, la mort de son chien. Il est donc temps de tenter de réussir ce qu'il n'a jamais pu réaliser : repenser son enfance, se la réapproprier, la rebâtir. Parce que jusque-là, il a préféré la gommer. « Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m'empêche de mettre le mien », écrit-il. Son enfance, c'est les colonies de vacances. A même pas deux ans, il y est. Les prospectus ont vanté l'établissement, les parents l'y laissent. Et c'est un enfer. Il y a les ordres absurdes, la sévérité, les contraintes abusives, les punitions imposées par la directrice. Et le sourire, la tendresse, les chansons, les caresses de son mari, l'homme à la guitare. « La directrice nous frappait et l'homme nous caressait, écrit-il (...). Une claque ou une caresse. La seconde laissait plus de traces. » L'intrigue provient de la première affaire du juriste Oscar Lalo. Une histoire de viol au tribunal des mineurs. « Ça vous marque, lance-t-il. C'est comme une graine qui germe bien plus tard. On est d'autant plus imbibé par une expérience qu'on n'en est pas vraiment conscient sur le moment. » Comme le gamin qui raconte son histoire. Qui s'intègre malgré lui dans un système, année après année. Qui s'y incorpore, dominé et même dominant. « Ne fait-on pas tous partie du système qu'on critique, s'interroge Oscar Lalo. Il est plus facile de critiquer un homme politique que d'essayer de changer soi-même le système. On est tous un peu les enfants de systèmes qu'on réprouve mais qu'on accepte et dans lequel on trouve sa place parce qu'il faut bien vivre. » « C'est écrit au cordeau, comme un travail d'horloger » Alors, roman ou psychanalyse ? « La forme du roman est la seule qui permet de pousser aussi loin les frontières de la psyché et de ce qu'on peut dire, surtout dans un domaine indicible comme celui-
là. En parler, c'est un oxymore, par définition. Et pourtant, c'est de ces sujets- là qu'il faut le plus parler, en écrivant sur la pointe des doigts. » Mais avec force : les doigts appuient puissamment. « Oui, à un moment le narrateur dit qu'il a recours à la violence des frappes parce qu'il n'arrivait
pas à écrire. Il a fallu que j'écrive en suivant une ligne très fine, pointillée, en ayant peur de tomber entre les points, en sachant qu'un écart d'un millimètre à gauche ou à droite pouvait trahir la pensée. C'est écrit au cordeau, ciselé, comme un travail d'horloger. Il ne faut pas trahir, on ne peut pas juste dire des mots comme ça, il faut prendre ses responsabilités jusqu'au bout. » C'est ce que fait Lalo, dans un style original, bousculé et bousculant. De rares fois un peu compliqué, mais passez par-dessus : écrire l'indicible nécessite une langue adéquate et des images soudaines et marquantes. Comme celle-ci, alors que chaque matin l'infirmière vient prendre la température des gosses : « Ce contact froid et sec, cette pénétration du réveil, cette petite sodomie quotidienne nous blessait autant qu'elle nous déroutait : nous n'étions pas malades. » Et l'on est heureux, ensuite, d'avoir poursuivi cette lecture riche et profonde. Et utile. Oscar Lalo parle d'une lettre reçue, qui disait simplement : « Je comprends tout, je me comprends mieux, merci. » Qu'on ne se méprenne pas. Si on parle de pédophilie dans ce livre, sans fournir de détails d'ailleurs, ce n'est pas un livre clinique, ce n'est pas un énième bouquin sur la pédophilie. « C'est un roman sur la façon dont on peut se réapproprier son enfance pour la placer à sa juste place. C'est un livre sur l'enfance, la mémoire et la résilience. » "Jean-Claude Vantroyen, Le Soir 24/12/2016

Phrases laconiques, incisives : des faits nus ; les règles insensées d'un « non-lieu hors des lois du monde » ; la description clinique d'une dévastation. Dès la première page du livre, le lecteur se trouble et se perd dans les paradoxes liés à la présence énigmatique d'un trauma.
[...]
Une voix d'enfant - enfant figé dans le temps - cherche à faire entendre son appel étouffé. Sans souvenirs, à l'aide uniquement de traces charnelles, des seules sensations qui s'impriment en creux, en lacunes indélébiles, en déserts, en doute envahissant : ni son ni image ne subsistent [...]. La nature même de ce trauma - que les chapitres brefs et heurtés laissent peu à peu deviner - engendre le ravage de la confusion [...]. « Quand un enfant avait les yeux dans le vide, e 'est que l'homme était passé par lui. Un jour ou l'autre. Dans les couloirs du home, nous étions disponibles, sans recours. [...] Certains erraient sans but. Tout le monde savait. Personne ne demandait rien. On les laissait aller dans leur mort mutique. [...]Ils ressemblaient à des nuages. Ils flottaient sans vraiment déranger. [...] Des nuages d'un genre particulier. De ceux qui ne pleuvent jamais ». [...]
L'écriture suggère cette anesthésie et, plus encore, ce traumatique évidement de soi : faite de dépouillement, de creux, d'arrêts, de silences et de réserves (au sens pictural et au sens moral), réserves au-dessus desquelles le lecteur est subtilement invité à se pencher et voit s'y esquisser les reflets des émotions ; celles que lui-même - en lisant ce récit - est appelé à éprouver comme à la place du narrateur, comme à la place de cet adulte parti à la recherche d'une enfance non vécue et toujours maintenue... Funambule sur les arêtes des mots, parfois à peine assuré à l'aide d'une simple et légère dérision ou de jeux de mots écrits comme par inadvertance ou par erreurs de frappe, il s'avance - l'abîme sous lui - vers un lecteur espéré malgré le désespoir. Ce lecteur se construit dans le fil du livre, suppose-t-on, et sans doute tire-t-il le narrateur de son « coma » (selon son mot) ou, dirions-nous, de cette solitude effroyable tissée de l'incapacité « d'articuler un mot, car [...] convaincu que les autres ne [l'] entendront pas ». Dans Les Contes défaits, son premier roman, Oscar Lalo - écrivain d'âge déjà mûr - insuffle vie et épaisseur à une existence hantée, et aux ombres, et à la complexité et aux arrière-plans mystérieux d'un personnage dont l'enfance n'a jamais pu se clore. Tout un long parcours de solitude et d'émotions jamais reconnues ni nommées ne vient-il pas, enfin, ainsi, au devant d'une rencontre possible, d'un autre capable « de l'entendre »?


Annie Franck, La Quinzaine littéraire 01/03/2017

"Une colonie de vacances qui tourne au cauchemar. Des mères insouciantes qui remettent leur enfant non pas aux mains du berger maîs dans les griffes du loup. Une directrice d'une dureté insupportable et son mari gentil. Trop gentil. Oscar Lolo raconte l'abus en chapitres courts, atomisant la phrase, détourant les mots dont les limites se brouillent, parce que les limites de l'enfant, justement, n'ont pas été respectées, parce qu'il est un être qui a volé en éclats, construit sur du vide et du silence. Magnifique récit d'un adulte enfermé dans l'obscurité de son enfance
et qui tente, désespérément, de ne plus tout briser, ces contes défaits donnent le frisson."M.H., Point de vue 28/12/2016

"Autant le dire de suite : ce premier roman d'Oscar Lalo est un véritable coup de poing"Daniel Brugès, Le Réveil cantalien 09/09/2016

"Je ne suis pas sûre d'avoir trouvé les mots.
Mais il est certain que ce roman m'a marquée.
Profondément."
Blandine, vivrelivre19 [BLOG] 02/07/2017

«Tous les étés, le jeune garçon part au Home d'enfants pour les vacances. Cela pourrait être la chronique de souvenirs heureux. Mais dans ce lieu coupé du monde sévit une directrice tyrannique qui ne supporte ni la joie ni l'indiscipline. Ici, résonne le silence assourdissant de ces petites âmes, qui taisent l'ombre planant sur eux. Car au Home d'enfants, il y a « l'homme d'enfants ». Celui qui tire parfois les rideaux, demande de fermer les yeux et visite les dortoirs la nuit. Un adulte plus tard, le grand petit garçon nous écrit le journal de l'homme qu'il ne parvient pas à devenir. Il cherche la pièce manquante de son puzzle. Il libère les contes défaits qui le hantent. Usant d'une langue pudique et poétique, avec dans ses mots des cachettes et des tiroirs, Oscar Lalo fait vibrer les choses et les gestes tus, les hontes pas encore bues. Comment grandir avec des fantômes et des vides ? Peut-être en racontant enfin ce qui ne se dit pas, révélant cette « empreinte invisible » si lourde à porter.»MURIEL GALLOT , Librairie L'Intranquille Plazza - Besançon [LIBRAIRE] 01/09/2016

«De la lecture de ce roman, on ressort sonné.
L'histoire d'un enfant, un petit garçon, qui s'est fait volé sa vie à 2 ans.
Tout commence pendant les vacances. Les parents laissent les enfants sur le quai de la gare ou un train vient les chercher pour les emmener dans un camp de vacances. Les mères font signes en souriant aux enfants pour leur dire au revoir, alors que des mains, celles de l'homme, le mari de la directrice, le violeur, emprisonnent déjà celles des petits pour les faire monter dans le train. L'enfant se construit alors une prison silencieuse d'ou il ne peut sortir. Des années plus tard, il tente de raconter. Un roman pour dire l'indicible, l'horreur, les traces invisibles, celles qui font mal, celles qui empêchent de se construire. Pour exister enfin.»
Françoise Gaucher, Librairie Le Coin des livres - Davézieux - 07430 [LIBRAIRE] 19/09/2016

Oscar Lalo présente son livre « Les Contes défaits » :

Oscar Lalo explique le titre « Les Contes défaits » :

Oscar Lalo : Ses inspirations littéraires

Oscar Lalo : La rencontre à la Foire du livre de Brive